Mon travail porte sur le rapport qu'entretient  l’être humain avec l’immatériel et le "sacré".

Notions que je ne prends pas comme dictées et figées mais que je tente au contraire de bousculer en pensant l'art comme véritable moteur d'émancipation et d'investigation.

Une préoccupation toute particulière est portée sur le rapport qu'il nous est aussi possible d'entretenir avec notre propre plasticité.

Corporelle et comme spirituelle.

Contre le concept matérialiste de l'Homme trop étroit ; révéler l'humain comme être créatif au sens fort comme pouvoir qui le développe.
En commençant par étudier la philosophie puis l’art, la performance, la poésie sonore, je cherche finalement la non hiérarchisation de tous ces domaines. Je vois l'art comme le refuge du spirituel dans notre société séculière si bien que me réapproprier la notion de sacré devient une tâche essentielle en tant qu'artiste.

Il me semble que nous vivons dans une époque de profond bouleversement où l’on attendant de l’être humain qu’il soit capable de se réinventer. Mon travail tente alors d’accepter l’idée de la «plasticité de la conscience humaine » comme véritable médium et le "geste" comme oeuvre à part entière.

En me penchant sur la nécessité d’éprouver l’existence mes performances/installations inscrivent le corps et l’esprit dans une temporalité qui crée une tension ou au contraire un relâchement. Une expérience de transformation y est toujours vécu de manière profondément intime. En filiation avec la pensée d'Artaud "d'un théâtre où tout serait vrai" je m'assigne à pousser le concept performatif du "faire image" jusque dans ses retranchement. Dans un flou entre réalité et décors mon parti pris est de rendre compte que nous vivons tous derrière les masques que sont nos personnes dans des décors que nous nous construisons.

La performance me permet d’enlever une certaine couche que la vie courante applique sur nos gestes et attitudes pour en retrouver leur valeur profonde.

J’aime ainsi faire des gestes simples, des gestes de l’enfance. Creuser, marcher, me tenir debout, me taire, me mettre à parler, me cacher, me montrer.

Entre lourdeur et légèreté.

Comme l'empreinte que peut laisser sur nous la sensation d'un instant simplement vécu.

Je cherche à prendre le masque de la personne humaine.

Et selon moi le spectateur tient ce même masque.

Chacun possède cette unicité.

Cette identité vivante avec sa propre matière du monde se refusant à tout prédicats ou définitions.

On pourrait formuler mon intention ainsi :

"Dans mon être au monde je parle de ton être au monde".

Mon être au monde comme produit, comme production.
 

Les objets utilisés pour mes installations sont souvent réutilisés. Ils portent un statut de reliques et véhiculent la marque de ma recherche d'union entre matière et esprit.

Cette recherche, autant formelle qu'écrite  se met à former une narration. Comme une forme de mythologie personnelle qui semble se dégager au fur et à mesure de mes différents projets.